mardi 20 septembre 2016

Programmation pluriannuelle de l'énergie


Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE)

Comme prévu, le projet de PPE vient d'être mis en consultation publique.
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-programmation-pluriannuelle-de-l-energie-a1526.html#forum52400 
Cette consultation permettra de parfaire éventuellement certains points techniques. 
Son objet ne saurait être la remise en question de ses grandes lignes. 

Mais puisque la parole nous est donnée, je viens de transmettre le commentaire suivant :



Avec 20 millions de tonnes équivalent CO2 de moyenne (Bilan RTE 2014/2015), les émissions du parc électrique français sont incompressibles.
Le scénario ADEME 100% EnR 2050 émettrait d’ailleurs 13Mt de plus selon l’application des critères retenus par RTE.

Mais surtout, la production nationale garantie par les éoliennes s’effondre régulièrement à moins de 1% de sa puissance installée. Cette circonstance ne permettra pas de fermer le moindre moyen pilotable tant qu’on ne saura pas stocker l’électricité à grande échelle pour un coût acceptable par la collectivité, ce qui, malgré les annonces, n’est pas prêt d’être le cas.
En tout état de cause la formidable puissance éolienne/photovoltaïque allemande (bien supérieure à tout notre parc nucléaire) n’a toujours pas permis de fermer 1 seul MW pilotable installé.

On développe ainsi quelque chose qui ne marche pas en espérant que ça marchera un jour, sans même encore savoir de quelle façon.

Cette impossibilité de remplacer quelque moyen pilotable que ce soit par à une puissance intermittente, ou « fatale », interdira la sortie du nucléaire tout en grevant les moyens de sa sécurité, ce qui est encore plus grave.
Les réacteurs nucléaires étant désormais appelés à varier leur puissance jusqu’à 80% en moins de 30’ pour suivre les aléas de la production éolienne.
Il est permis de s’interroger sur le bénéfice généré pour le contribuable.

Cette politique pénalise la France, au moment où le monde, et notamment l’Angleterre s’apprête à prendre le virage technologique des petits réacteurs modulaires (SMRs).
La France, qui était leader dans ce domaine se prépare à prendre 10 ans de retard si les finances publiques se trompent ainsi de cible.
Et d’autant plus gravement que les 10 700MW éoliens inscrits sur la file d’attente entrainent déjà le dépassement des objectifs. Les conséquences de leur présence bien inutile affecteront financièrement tous les ménages, même les plus modestes, et de façon durable.

C’est pourquoi les mesures cherchant à favoriser plus encore le développement éolien ne participent pas à la lutte pour le climat, ni à celle pour l’emploi, dont le secteur est désormais la chasse gardée de la Chine, tandis que les producteurs non subventionnés ferment leurs centrales et que l’augmentation du prix du kWh, liée au soutien des EnR, pénalise la compétitivité.

Cette politique signe la fin de l’excellence française dans le domaine de l’électricité, déjà mise à mal par 10 année d’erreurs.
En effet, notre parc électrique est reconnu comme notre plus belle réussite, selon les critères essentiels que sont l’impact sur l’environnement, la sécurité d’approvisionnement et le prix du kWh, qui confère un avantage à notre industrie.

Le monde change, des bilans s’imposent, il faut aussi savoir faire évoluer les choix politiques.
 

dimanche 18 septembre 2016

Infrasons éoliens et distances d'éloignement



Perception des infrasons et sensation d’angoisse :
L’absence de corrélation avec l’éloignement de la source.


Jean Pierre Riou

La modulation d’amplitude du bruit éolien, liée au rythme du passage des pales devant le mât, semble le principal critère de gène pour les riverains, ainsi que le suggère le récent rapport du groupe d’experts INWG présenté par le député britannique Chris Heaton Harris.
La valeur de son émergence est déterminante et dépend de nombreux facteurs dont la distance d’éloignement entre éoliennes et maisons.

Pour autant, cette corrélation entre l'importance de la gène ressentie et la distance, ou la valeur du bruit, ne semble pas s’appliquer à tous les critères de gène.

En effet, parmi les nombreux symptômes rapportés par la littérature médicale, les sensations d’angoisse sont récurrentes.
Deux études en mettent le mécanisme physiologique en lumière et suggèrent l’absence d’une telle corrélation:

En 2006, Alec Salt décrivait la physiologie de la perception des infrasons, grâce aux cellules ciliées externes (Outer Hair Cells)



Il décrivait la transmission au cerveau de leur signal infrasonore par un type spécifique de fibres nerveuses (type II) composées de cellules granulaires.


  

Il montrait, sur ce même tableau (en haut à droite), que la réception de ces infrasons par le cerveau entraînait un état d’attention et d’alerte physiologique.

C’est cette perception qui permet au monde animal de fuir un tremblement de terre, un incendie, la charge d’un troupeau ou l’arrivée d’un orage.  
L’histoire contemporaine a rappelé le sentiment d’oppression panique provoqué par le grondement lointain d’un régiment de blindés dans le silence nocturne, bien avant même que quiconque ait compris de quoi il s’agissait.

En effet, les infrasons, qui accompagnent les mouvements du sol ou le grondement du ciel se propageant à des dizaines de kilomètres sans qu'aucun obstacle ne puisse les atténuer, entraînent des réactions physiologiques (accélération du cœur, dilatation des pupilles, élévation de la température…) qui permettent de favoriser la fuite, ou d’ailleurs l’évanouissement, qui est une forme de fuite.

Ces comportements réflexes archaïques pourraient probablement justifier les réveils nocturnes brutaux, accompagnés de suées et de bouffées d’angoisse régulièrement rapportés par les riverains d’éoliennes.
Et il ne s’agirait alors pas d’un problème d’intensité du signal sonore, mais de d’immersion dans un environnement perçu inconsciemment comme hostile et d’autant plus difficile à gérer que ces vibrations et infrasons semblent provenir de la structure de la maison (qui les amplifie) et même de la propre structure corporelle, sans la possibilité d’identifier une source familière, comme le passage d’un train ou d’un avion. Ces riverains évoquant souvent un « avion qui ne se pose jamais » ou des vibrations plus ressenties qu’entendues.
Rappelons, à ce sujet, les travaux du Professeur Allan Hedge de l’Université de Cornell pour qui : « Quand un objet vibre à sa propre fréquence, l’amplitude de la vibration est supérieure à l’amplitude de la source.
Les vibrations entre 0.5 et 80Hz ont des effets significatifs sur le corps humain.
Les vibrations entre 2.5 et 5Hz ont une forte résonance dans les vertèbres avec une amplification supérieure à 240%....
Les vibrations peuvent créer un stress chronique et parfois un dommage permanent aux organes. »  

En juillet 2015, un groupe international d’experts s’est penché sur les effets sanitaires éventuels de ces « sons inaudibles ». Leurs travaux ont été coordonnés, dans le cadre du « Programme européen en recherche et métrologie » par le Physikalisch-Technische Bundesanstalt (PTB) allemand.
La revue d’acoustique « The Hearing Review » en a rapporté les principales conclusions.
Après avoir procédé à des IRM et Magnétoencéphalographies les chercheurs ont mis en évidence que la perception humaine de sons se situait bien en dessous (une octave complète) de ce qu’on croyait jusqu’alors.



Ces enregistrements ont matérialisé le fait que les sons considérés inaudibles jusqu’alors sont bien perçus par le cerveau et génèrent des émotions liées à leurs fréquences.
Selon l’acousticien responsable du projet, Christian Koch, les caractéristiques des éoliennes seraient suffisantes pour provoquer ces effets et il serait erroné de se contenter de l’affirmation que le niveau de leurs infrasons est inférieur à celui de l’audition.


Ajoutons que la modulation d’amplitude de leur signal, liée au passage des pales devant le mât, en exacerbe la perception.

D’autre part, ces infrasons sont perçus d’autant mieux que le signal sonore contient moins de fréquences supérieures. A. Salt l’avait notamment mis en évidence en enregistrant la réponse cochléaire à un stimulus de 5 Hz, puis en lui adjoignant un stimulus de 500 Hz.
Cette dernière tonalité ayant supprimé la réponse au stimulus de 5 Hz.



Cette constatation explique que des riverains sont d’autant plus gênés que le milieu ambiant est plus calme, et que la gène ressentie peut être souvent bien supérieure à 1km qu’à 500m, du fait qu’avec l’éloignement, la puissance des hautes fréquences s’atténue infiniment plus que celle des infrasons et que le riverain ne perçoit plus que ces infrasons, débarrassés des autres fréquences.
De même, la présence d’un trafic routier peut rendre la situation supportable alors qu’elle peut ne pas l’être pour certains à plusieurs kilomètres dans le silence complet.

Ambrose et Rand en ont d’ailleurs fait le constat radical dans l’étude Mc Pherson en ces termes : « The dBA levels were inversely correlated to adverse health effects experienced » (les niveaux en dBA étaient inversement corrélés avec les effets sanitaires ressentis).
La pondération A des mesures rendant compte essentiellement de la puissance des fréquences supérieures, ce constat confirme que la perception des infrasons et de leurs effets sanitaires diminue avec l’augmentation du bruit audible, exprimé avec la pondération A (dBA).
 
Concernant la caractéristique anxiogène de l’exposition chronique aux éoliennes, il ne semble donc pas que la distance soit le paramètre essentiel, tandis que les critères géologiques et topographiques et, plus encore, l’absence de bruit résiduel apparaissent déterminants.

C’est d’ailleurs le sens de la motion du 118ème congrès des médecins allemands qui a attiré l’attention sur les effets potentiels sur la santé des infrasons éoliens dans un rayon de 10km.

En tout état de cause, il serait incorrect de chercher à disculper les éoliennes au motif que leurs infrasons sont inaudibles, ou que la gène occasionnée n’est pas corrélée avec la distance ou avec la valeur du bruit ambiant.
Force est de constater que c'est pourtant le principal argument opposé aux milliers de témoignages de souffrances.

vendredi 16 septembre 2016

Famille riveraine d'éoliennes




Témoignage d'une famille riveraine d'éoliennes.

Ce témoignage, ainsi que la copie des certificats médicaux, ont été confiés au Mont Champot par Mme X.
Puis transmis au groupe d'experts de l'OMS chargé de rédiger les nouvelles lignes directrices sur le bruit environnemental en Europe.
Les noms ont été supprimés pour cette reproduction sur l'espace public.
Pour préserver l'anonymat, certains éléments tels que les dates et les distances ne sont pas indiqués


"Témoignage recueilli avec l’accord de M. et Mme X, qui acceptent de témoigner et de livrer leurs ressentis et leurs symptômes au Dr. Y.



Témoignage recueilli à leur domicile par le Dr Y, le ../../..

La retranscription est volontairement effectuée dans le respect profond des termes forts et sincères exprimés par les participants. Les termes et certains détails sont importants car ils apportent un éclairage sur la réalité de symptômes qu’on qualifie de conditionnels : ces symptômes ne se manifestent que dans des conditions particulières de fonctionnement des éoliennes. Des critères posturaux très précis de survenue des symptômes indiquent aussi que les symptômes ne sont pas une construction psychologique ou hystérique : au contraire ils accréditent la thèse selon laquelle ces symptômes sont la conséquence d’une perturbation du système vestibulaire de l’oreille interne.
Mme X......
Quels sont les symptômes actuels :
Des céphalées anciennes mais nettement aggravées depuis … l’intrusion des éoliennes dans son environnement. Avec des névralgies faciales. Premier certificat de son médecin traitant le Dr Z : « céphalées d’aggravation progressive depuis 1 an, troubles du sommeil depuis 1 an, acouphènes et névralgies faciales ».

Deuxième certificat médical du même médecin le … " trouble du sommeil, sensations vertigineuses et manifestations en rapport avec un traumatisme sonore chronique ".

Avant : Mme X est une femme très active, mère de …enfants qui fait de nombreux métiers :……….. Et n’a jamais eu d’arrêt de travail.

Elle souffre de tachycardie depuis 20 ans mais depuis les éoliennes « son cœur est bizarre ». Avant les épisodes étaient simples et rares, depuis les éoliennes « le cœur est comme embarqué ». par moment il semble suivre le rythme des éoliennes et s’accélère quand les éoliennes s’accélèrent et cela malgré le traitement bien suivi (rythmodan et visken). Ces épisodes surviennent la nuit et le cœur se met à suivre la cadence des éoliennes : « ça ne sert plus à rien de voir le médecin ni même d’aller aux urgences de… parce que quand j’arrive à … le rythme du cœur s’est normalisé parce qu’il n’y a plus les éoliennes… »

Il y a toujours cette impression de se faire embarquer par les machines ». M. X dit : « j’ai bien connu ça. Au régiment on s’amusait avec un ronfleur, un de ses copains imitait le bruit du ronfleur sur le même rythme que le ronfleur. Puis il accélérait tant et tant que le ronfleur se réveillait en état de panique… »

[ Commentaire personnel : ces mécanismes de mimétisme sont bien connus en technique hypnotique : pour accompagner un patient, le thérapeute cale sa respiration sur celle du patient et dit les mots importants sur la phase expiratoire. Si le patient est très anxieux, le thérapeute va progressivement ralentir son rythme respiratoire dans l’objectif de le calmer : le patient ralentit sa fréquence respiratoire et se laisse inconsciemment guider par le thérapeute : c’est simple et efficace : le patient se calme. ]

Autre manifestation de Mme X.
Une fatigue chronique intense qui est attribuée à la privation chronique de sommeil. Cette fatigue se répare avec du sommeil.

Acouphènes

Névralgies faciales

Vertiges rotatoires vrais, type vertiges de Ménière mais déclenchés par les éoliennes avec cette sensation de se faire embarquer par les machines. Alors ces vertiges sont accompagnés de nausées et de transpiration avec sensation de malaise. Pour lutter, elle suit les conseils d’un médecin : « surtout ne pas fermer les yeux mais fixer quelque chose les yeux grands ouverts pour stabiliser le système vestibulaire perturbé, responsable du vertige. »

Sensation de tête pleine ou à l’inverse de tête très vide. « Quand la tête est pleine, c’est le bruit qui passe dedans ». Les boules Quies n’ont aucun effet car le son est produit dans la tête. Cela semble être un bruit produit par la vibration des structures internes sur les parois dures du crâne.

Autre exemple de manifestation très récente (la semaine dernière) : à 4h30 réveil brutal par la sonnerie du réveil très intense : après vérification le réveil ne sonne pas mais la sonnerie, elle, va continuer ½ heure dans la tête.

Depuis environ 1 à 2 ans apparaît un phénomène nouveau : quand Mme X est réveillée la nuit et qu’elle se lève dans l’obscurité : il lui arrive de se perdre dans l’espace : dans le noir elle n’arrive plus à s’orienter pour se diriger dans sa propre chambre. (trouble de l’orientation spatial qui survient seulement quand les éoliennes la réveillent et la perturbent au point de se lever.)

Elle prend depuis … depuis les éoliennes un somnifère, une demi dose et ne suit pas les conseils du médecin qui en prescrit une dose plus importante : « car il faut quand même bien dormir un minimum. » Le somnifère lui apporte du calme. L’endormissement est tardif et difficile mais elle attend avec calme. Elle s’endort et le sommeil dure tant que les éoliennes sont à basse cadence : parfois 2 h parfois 4 h. Le rythme des éoliennes s’accélère quasiment toutes les nuits sans doute sous l’effet de vents thermiques nocturnes. Elle se lève toujours à 7h30 car « elle ne veut pas vivre à l’envers à cause des éoliennes » alors elle lutte et se lève même avec seulement 2 h de sommeil.

Mme X a bon moral et ne ressent aucun symptôme de dépression et ne se plaint pas d’angoisse. Elle ne ressent aucune crainte ni peur. Cependant elle n’aimerait pas vivre seule chez elle avec les éoliennes et tous ces bruits : ils ont dénombré environ 21 bruits différents des éoliennes.
Certains sont très forts et très intenses. Et puis il y a ces risques de foudre en cas d’orage : déjà 2 fois ils ont vu «  une boule de feu passer dans la maison depuis les éoliennes ». Ils en donnent une description exacte. « Et puis il y a les arbres ou arbustes foudroyés eux aussi dans le jardin. Cela fait peur les jours d’orage ».

Mme X n’a aucune manifestation de troubles psychologique ou de syndrome de stress post traumatique. (pas de flash, pas d’idées récurrentes, pas de cauchemars, pas de crise d’angoisse.

Mme X signale la présence de sang dans les selles à plusieurs reprises, cela date de quelques années (2 ou 3 et cela persiste).

M.X

Homme solide, ex agriculteur, qui était capable de faire du cross.

M.X est très actif et s’occupe de multiples activités personnelles et associatives. C’est un homme sociable et ouvert. Il a toujours refusé de prendre des médicaments pour remédier aux conséquences des éoliennes et en particulier des troubles du sommeil.

Les céphalées (maux de tête) sont quasi constantes. Elles sont postérieures. M.X les supporte, il est parfois terrassé, abruti par elles. Il doit alors prendre du diantalvic aujourd’hui remplacé par du doliprane. Il se réveille le matin « avec une gueule de bois : la tête toute encombrée ».

Il souffre surtout de trouble du sommeil : le soir il s’endort tôt car il est très fatigué et l’endormissement est facile. Mais il se réveille dès que les machines « sont actives » le réveil est variable : 1 h ou 2 h ou 3 h du matin, rarement plus tard. Il n’a jamais une nuit complète.

La gène est plus importante en décubitus latéral : la posture compte. En décubitus dorsal (couché sur le dos) les bruits internes sont moins forts. « Quand l’oreille est sur le côté, ça tourne dans le cerveau ».

A 7h30 tous les matins les machines ralentissent (elles sont réglées pour ça) dans les 5 minutes suivant cette accalmie, M.X se rendort pour quelques heures. L’après midi il doit faire une sieste. S’il travaille toute une après midi dehors ou dans son atelier qui est à …m des éoliennes, alors il ressort abruti, la tête bizarre. Toute pleine.

Quand il y a beaucoup de vent il se lève le matin plus fatigué que quand il s’est couché le soir.

Il a pu identifier une vingtaine de bruits différents. Il y a des bruits plus intenses que d’autres. Les bruits les plus forts se produisent quand le vent tourne un peu et que les éoliennes se réorientent pivotant sur leur axe et cela sans s’arrêter : cela provoque des sons de vibrations importants qu’il ressent dans le lit lui-même et dans sa structure corporelle. Il s’agit plus de manifestations vibro-acoustique que du son produit par le frottement des pales sur l’air.
D’autres sons sont générés par les aérogénérateurs avec un bruit de 105 dB et les ventilateurs avec un bruit de 72 dB.

Depuis l’installation des éoliennes :

Il décrit des troubles digestifs qu’il ne connaissait pas auparavant. Les examens sont normaux et il souffre d’un colon irritable.

Son humeur est un peu modifiée peut être à cause de la fatigue avec une irritabilité qu’il tente de gérer au mieux.

Il expectore souvent avec des hémoptysies qui lui semblent banales tellement elles sont habituelles (présence de sang dans les expectorations). Il n’y avait pas de sang avant les éoliennes.

Il a remarqué des épisodes de dyspnée c'est-à-dire de gêne respiratoire importante qui coïncide aux semaines qui suivent le ponçage à l’air libre des pales (les pales sont poncées sur place : l’éolienne est arrêtée et les pales mises dans l’axe du mât. Les pales sont poncées depuis une nacelle sur le mat : la poussière importante s’envole.)

M.X décrit aussi quelques bouffées d’angoisse qui surviennent plutôt dans la nuit : il s’agit d’une oppression, d’une gène brutale. Mais ces phases sont très courtes : quelques secondes. Ces épisodes coïncident avec de violentes secousses de vibrations qui sont brutales et font bouger le lit. C’est au cours de ces secousses que des objets accrochés au mur tombent.

Il souffre d’une fatigue intense. Mais il reste actif et ne se décourage pas. Il se sent très bien dès qu’il s’éloigne de chez lui et la fatigue disparaît très vite : il se sent léger et n’a plus alors « cette tête bizarre ».

Il y a 3 ans environ M.X a été touché brutalement par une surdité qui l’a amené à être appareillé.

En résumé M.X souffre principalement de trouble du sommeil, de céphalées d’une surdité et d’une sensation de tête encombrée malmenée et ceci la nuit. Dans la journée il se dit moins gêné d’autant que sa vie d’agriculteur l’a habitué aux bruits ambiants assez forts (machines tracteurs…) Mais là, l’effet du bruit est très différents car c’est un bruit qui « vous passe dans la tête », comme si il était même généré par la tête. Le bruit est à l’intérieur.

M. et Mme X souffrent depuis 1 à 2 ans de larmoiements inexpliqués : les yeux sont très irritables et pleurent spontanément très fréquemment dehors comme dedans. Ces larmoiements spontanés restent inexpliqués. (Pas d’infection pas de conjonctivite, pas de trouble oculaire.)

Autres témoignages, recueillis ou lus dans le dossier constitué par Mme X pour faire valoir son préjudice de santé.

Une petite fille de M. et Mme X de 2 ans ½ se réveille le matin et dit : mais mamie pourquoi le lave linge marche tout le temps ?

Celle de 5 ans se plaint de douleurs importantes dans l’oreille aussi forte qu’une otite et pleure beaucoup. Le soir dès le retour à son domicile toute douleur a disparu. Elle n’a ni rhume ni otite.

J. leur petite fille souffre de ….. Elle ne parle que dans son langage. Elle est très attachée à sa grand-mère avec qui elle aime se promener. Quelques temps après l’implantation des éoliennes elle va passer quelques jours chez ses grands parents : le séjour tourne rapidement au cauchemar.
J., d’habitude heureuse et tranquille dans ce lieu devient très agitée, elle ne se contrôle plus ses troubles de comportement sont très importants, elle est opposante, agitée, incontrôlable. Elle est visiblement dans une très grande angoisse et semble beaucoup souffrir. Elle va fuguer pendant plusieurs heures ce qu’elle n’avait jamais fait. Le séjour est écourté et sa maman la ramène dans sa maison : elle est épuisée et mettra plus d’une semaine à retrouver un état normal pour elle. Depuis cet épisode, J. n’a jamais plus passé plus d’une journée chez ses grands parents.

M.B habite un peu plus loin. Il a un très bon sommeil et peut dormir n’importe où. Sauf chez lui : quand il revient le W.E. sur … il ne dort pas : les éoliennes le réveillent. De nombreuses séquences de son émission de télévision « …… » sont enregistrées sur place : il n’est pas rare que les ingénieurs du son demandent à reporter le tournage en raison des bruits de fond des éoliennes trop importants alors pour être enlevés. Alors comment feront ils quand ils seront coincés entre 2 champs éoliens, celui de … et celui de …

Une personne de passage disait avoir un excellent sommeil et pouvait dormir sur place. Le matin au réveil elle dit : « c’est la première fois que je dors dans une centrifugeuse ».

Mme BB a laissé une lettre de témoignage à Mme X : elle habite à moins de 500m des éoliennes. Elle n’a pas de trouble du sommeil mais se plaint de malaises et de palpitations apparus dès les premiers mois après l’exploitation des éoliennes et envisage de vendre sa maison à M. P car sa maison en vente ne trouve pas d’acheteur. Son fils a quitté la maison depuis l’installation des éoliennes : il ne pouvait dormir.

………Fin du recueil de témoignage de M. et Mme X."
  

mardi 6 septembre 2016

Environmental Noise Guidelines.

LETTRE OUVERTE à Mme M.E. Héroux, Organisation Mondiale de la Santé. (OMS)

Objet Environmental Noise Guidelines for the European Region
 
 
Madame,
L'annonce des travaux du groupe d'experts que vous présidez au sein de l'OMS, et qui visent notamment à mieux prendre en compte les effets sanitaires induits par l'exposition chronique aux éoliennes industrielles, a suscité un grand espoir auprès de riverains qui en subissent les effets depuis des années.

Afin de contribuer à cette étude des conséquences sur la santé humaine des vibrations, basses fréquences, infrasons et modulation excessive d'amplitude du bruit éolien, je m'étais permis de vous communiquer des éléments factuels concernant une famille exposée depuis des années à cette intrusion permanente.

Je tiens, tout d'abord à vous remercier d'avoir bien voulu accuser réception de mon courriel.

Pour autant, je ne crois pas inutile de manifester publiquement mon désarroi devant votre réponse qui m'oppose l'impossibilité de prendre en compte ce type de témoignage dans vos travaux. Et cela d'autant que ce témoignage avait été rédigé par un médecin, concernait plusieurs membres d'une même famille et que les symptômes constatés correspondaient strictement à ceux décrits par la littérature médicale sur le sujet.
La constatation de l'aggravation de l'état de santé de la petite fille des propriétaires, lors de chacune de ses visites a ses grands parents, me semblait également éloquente, celle ci souffrant de troubles psychologiques de développement.
Il se trouve, enfin, que ces pathologies constatées chez la propriétaire de la maison sont attestées par des certificats médicaux que celle ci m'avait confiés.
Ce témoignage évoquait également une explication de fréquentes décorrélations entre distance et gène ressentie qui ont si souvent entrainé des conclusions fausses.

C'est pourquoi je ne peux que déplorer que l'OMS se prive ainsi d'éléments factuels dans l'étude d'un problème sanitaire émergent, au sujet duquel les intérêts financier et politiques en jeu sont assurément à l'origine de nombreuses publications biaisées.

Mais je garde assurément toute confiance dans la clairvoyance du panel d'experts retenus pour cette étude, en raison de leur grande connaissance de la problématique, attestée par leurs publications.
Je vous prie de croire, Madame, à l'expression de mes sentiments distingués.
Jean Pierre Riou.
Président de l'association Le Mont Champot

mardi 16 août 2016

Inégalités territoriales

Inégalités territoriales

Ma contribution à la réflexion France Stratégie 2017-2027

Le développement éolien: l'erreur stratégique de la ruralité

Jean Pierre Riou

 
Le défi de l’hyper-ruralité : forces et enjeux – Jean-Pierre RIOU – Le Mont Champot
Qu’on l’ait perçu ou non, le renouveau de la ruralité était amorcé, en France, depuis de nombreuses années. Au nom de l’écologie, le développement éolien dans les zones rurales les plus reculées scie la branche sur laquelle repose un atout majeur du développement national et menace de coûter bien plus cher que prévu à la collectivité........

http://francestrategie1727.fr/thematiques/dynamiques-et-inegalites-territoriales/

lundi 15 août 2016

Territoires à énergie positive

Territoires à énergie positive:
Une énergie locale?

Parmi les promesses non tenues par l'énergie éolienne qu'en est il du caractère local de la production, vanté parmi les mérites des territoires à énergie positives, notamment dans l'encart publicitaire ci dessous?


 La quasi totalité des éoliennes se trouve effectivement branché sur le réseau local de distribution, seuls 637 MW sur les 10 698 MW installés étant branchés sur le réseau de transport RPT géré par RTE.




www.rte-france.com/sites/default/files/apercu_energie_elec_2016_06.pdf
 
La production éolienne est éminemment variable, au gré du vent de façon strictement décorrélée de la consommation, ainsi que le montre le site officiel de RTE:


http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique

Le réseau de distribution Enedis (ex ERDF) permet l'adéquation entre production et consommation en injectant l'électricité nécessaire depuis RTE et en refoulant les excédents vers celui ci.
L'examen de la puissance indésirable refoulée vers RTE sur la même période met en évidence un strict parallèle avec la puissance éolienne produite.



http://www.enedis.fr/le-bilan-electrique-erdf  (échanges avec RTE)

Chaque crête de refoulement correspondant à une crête de production éolienne et représente quasiment la moitié de cette production.


Ce qui ne doit pas surprendre outre mesure puisque la production éolienne est totalement aléatoire, et par voie de conséquence, sans rapport aucun avec les besoins de la consommation.

A cette proportion, doit encore être ajoutée la production des éoliennes qui sont directement branchées sur le réseau de transport RPT afin d'être acheminée vers d'autres secteurs par ses lignes HT et THT.


Cette production excédentaire "refoulée" a d'autant moins d'intérêt que le solde export net de la France est de 62.7TWh (Milliards de kWh) en 2015 (soit plus de 3 fois plus que la production éolienne annuelle), et que ces excédents sont vendus au cours moyen de 37.5€/MWh.

http://lekiosque.finances.gouv.fr/LEO/frame_LEO.asp (données détaillées, structure de marché, code 27160000, puis « visualiser »)

Alors qu'en même temps, chaque MWh éolien bénéficie d'un tarif obligatoire d'achat plus de 2 fois supérieur. (90€/MWh en 2015 selon la CRE, annexe 1)

Ce problème de "refouler" toujours plus loin la production aléatoire des éoliennes, grâce à des interconnexions toujours plus coûteuses, étant d'ailleurs identifié comme le défi majeur du réseau européen.  
(voir http://lemontchampot.blogspot.fr/2016/08/fermer-fessenheim.html)

En tout état de cause, les territoires à énergie positive ne semblent aucunement pouvoir prétendre à la vertu écologique que représenterait une production locale, ou mieux encore, une auto consommation. 
Ce développement de l'intermittence ne favorise pas plus la sécurité d'approvisionnement puisque aucune production n'est jamais garantie.
Par contre il alourdit le poids de subventions publiques avec pour principal effet l'augmentation d'une production inutile et des exportations à perte.

mardi 9 août 2016

Fermer Fessenheim

Le parc électrique français est il un colosse aux pieds d'argile...
Ou se tire-t-il une balle dans le pied?

Peut on remplacer Fessenheim par des énergies fatales* ?

 Par Jean Pierre Riou.


 
La France est 1e exportateur mondial d’électricité. (Enerdata : lowest ten)
Plus de 90% de son parc de production n’émet quasiment pas de CO2.
Le recours important au chauffage électrique lui permet ainsi le de respecter ses engagements concernant les émissions de CO2, mais augmente les variations de la consommation, par des pics de demande importants lorsque les températures chutent.

Avec un risque identifié
L’enjeu du parc électrique français n’est donc pas de produire d’avantage d’électricité mais  d’assurer en permanence les besoins de cette consommation.
Depuis plusieurs années, le risque est en effet identifié de ne pouvoir résister durablement à une vague de froid, nos voisins risquant de ne pas être en mesure d’apporter le moindre secours en cas de conditions similaires sur toute l’Europe. (Rapport 2011 p 42)

La stricte adéquation entre production et consommation doit pourtant être assurée en permanence. En cas de déséquilibre dans une partie quelconque du réseau européen, ne respectant plus les marges de sécurité (N-1), seuls des délestages immédiats d'une région peuvent éviter l’effet domino et l’effondrement de l’ensemble du circuit.

L’ENTSO E (European Network of Transmission System Operators for Electricity)  est responsable de cette régulation et rend compte régulièrement des risques en Europe.

Et relève que la France, dont la surproduction régulièrement disponible permet pourtant d’équilibrer le réseau européen, se trouve, ainsi que l’Angleterre, la plus menacée d’Europe par des ruptures d’approvisionnement (LOLE = Loss Of Load Expected).



L’ENTSO E identifie clairement 2 causes à ce risque:
- La première est la conjonction de températures basses avec un faible taux de charge éolien. C'est-à-dire des périodes de froid anticyclonique pendant lesquelles il n’y a, en effet,  jamais de vent.
Le cercle rouge du graphique ci-dessous entoure des épisodes combinant une température de moins 2°C et un faible taux de charge éolien pendant lesquels les besoins ne pourraient pas être compensés par des importations.



- La seconde raison est l’engorgement des interconnexions qui auraient éventuellement permis à la France de s’approvisionner chez ces voisins, au cas où ceux-ci ne subiraient pas les mêmes conditions.
En effet, nos capacités d’importations sont réduites par l’emprunt forcé de nos lignes par l’Allemagne, qui y fait transiter ses excédents de production aléatoire du nord vers le sud de son territoire, tout en en les fragilisant, ainsi que le décrit ci-dessous le rapport de France Stratégie.


En effet, le problème des énergies « fatales » n’est même pas tant celui des « doublons » nécessaires pour compenser leurs défaillances lorsqu’elles ne produisent plus rien, ou presque, que la nécessité de refouler toujours plus loin leurs production lorsqu’on n’en a pas besoin.

Des centaines de milliards d'euros pour refouler cette production
C’est pourquoi d’importants investissements sont prévus dans le réseau électrique européen, dont la plus large part est destinée à supporter la part croissante d’énergies intermittentes.
Le rapport Derdevet, qui en évalue le coût total à 700 milliards d’euros indique clairement :


Et c’est actuellement le « refoulement » de cette électricité allemande excédentaire à travers les frontières polonaises qui fait craindre à la Pologne le risque d’une rupture d’approvisionnement en cas de situation tendue, en raison de l’impossibilité pour celle-ci d’utiliser ses propres lignes d’interconnexion pour importer le complément nécessaire. Ce risque étant ainsi décrit dans le rapport ENTSO E Summer Outlook 2016 :


Et c’est en fait tout l’équilibre du réseau européen qui se trouve ainsi menacé par l’intermittence croissante de la production.

Un risque de blackout européen pour quelques minutes d’éclipse solaire.
Les sueurs froides provoquées par les quelques minutes d’éclipse solaire du 20 mars 2015, autour de 10h45, heure pourtant de faible consommation, et alors qu’il s’agissait de la 9° éclipse totale du 21° siècle, confirment les problèmes posés par l’intermittence de production.
La réussite de ce minuscule « stress test » par le réseau européen fait pourtant partie des faits marquants de l’année 2015.


Le 31 mars dernier, 76 millions de turcs étaient touchés par un blackout.
Une des explications les plus plausibles semblant en être (E structural problems) la baisse du cours du MWh, dans un marché de l’électricité libéralisé, qui dissuade les producteurs de vendre leur courant lorsque les cours sont trop bas, notamment lors de fortes productions d’énergies aléatoires. Une marge de sécurité suffisante n’aurait pas été prévue pour le temps de redémarrage après une chute brutale des celles ci.
A cette occasion, l’ENTSO E s’était déconnecté en urgence du réseau turc pour éviter la propagation en chaine du blackout sur toute l’Europe.
Mais il importe d’être conscient qu’un tel blackout au niveau français pourrait difficilement ne pas immédiatement se propager sur toute l’Europe et la laisser dans le noir, avec les dramatiques conséquences qu'on peut imaginer.

Les énergies « fatales » posent au réseau un problème majeur qu’il ne conviendrait pas d’ignorer.


De plus en plus de réacteurs nucléaires du parc électrique français sont capables de faire varier, à la demande, leur puissance de 80% à la hausse ou à la baisse en moins de 30'.
Cette disponibilité est actuellement destinée à suivre les caprices des énergies renouvelables intermittentes.

Depuis 2002, la formidable puissance des énergies fatales installées en l'Allemagne n'a pas encore permis de remplacer le moindre MW "pilotable".
La possibilité de fermer une ou plusieurs centrales nucléaires ne saurait ainsi être corrélée à la puissance intermittente installée.

Le propos n'est pas d'évaluer les risques liés à l'exploitation de Fessenheim, malgré le fait qu'elle soit considérée l'une des plus sûres de nos centrales nucléaires.
Pas plus que de vouloir les comparer à ceux d'une rupture de barrage hydraulique, telle que celle qui menace les habitants de Mossoul.
La volonté de réduire un risque est louable.
Mais implique d'analyser attentivement tous les enjeux.
Toute décision dans ce domaine doit rester indépendante des effets d'annonce, ou de valorisation indue des énergies fatales.

*On appelle officiellement « fatales » les énergies intermittentes dont la production est liée au hasard (du latin fatum), par opposition aux énergies « pilotables », c'est-à-dire disponibles à la demande. L’énergie photovoltaïque et éolienne sont appelées « fatales ».