mardi 31 janvier 2017

Epilogue

Epilogue

du précédent article: "La roulette russe"
http://lemontchampot.blogspot.fr/2017/01/la-roulette-russe.html  


Jean Pierre Riou

Le régulateur européen du système électrique a publié ses prévisions de l'adéquation du réseau aux besoins à horizon 2025. (Mid term Adequacy Forecast 2016)
Dans son système interconnecté, la France fait figure d'exception avec son chauffage historiquement dépendant de l'électricité, qui, en contre partie d'une quantité considérable de CO2 évité, présente une grande thermosensibilité.  

Concernant la France, ce rapport considère que:

"Regarding results for 2025, the lack of visibility on hypothesis for adequacy purposes make the interpretation of the results very sensitive. The 2025 point is mainly impacted by the withdrawal of nuclear power plants not balanced by new capacities"
Est il même nécessaire de traduire pour des politiques autistes ou le formuler plus clairement pour qui ne veut pas entendre?


La simulation de l'ENTSO E s'appuie sur le paramètre primordial de 
Minimum stable generation (MW) : is a parameter defining the technical minimum of the power output of a unit. The simulation does not allow the unit to run under this limit. It is defined by a percentage of the maximal power output of the unit.

En fonction duquel toute puissance éolienne installée restera vaine, pour ne pas répondre à ce critère de bon sens, en terme de sécurité.

Puisque cette valeur minimale ne sera jamais guère supérieure à 0 quelle qu'en soit la puissance installée.
Source http://www.rte-france.com/fr/article/apercus-electriques-mensuels

Peut être alors qu'un dessin sera plus parlant pour montrer que la France restera le dindon de la farce après avoir financé les centaines de milliards d'euros d'interconnexions européennes supplémentaires nécessaires à l'intégration de l'intermittence de production à laquelle le recours massif au charbon et la décision unilatérale de sortie du nucléaire a condamnée l'Allemagne?


Source https://www.entsoe.eu/outlooks/Pages/default.aspx

Aux côtés, il est vrai de la Grande Bretagne, nos 2 seules nations étant marquées du rouge continu "LOLE" signifiant Lost of load expected, ou "perte d'approvisionnement prévue".

Mais la Grande Bretagne semble avoir résolument compris avant nous!
http://lemontchampot.blogspot.fr/2017/01/mea-culpa.html 

L'Agence internationale de l'énergie (IEA) vient de publier un rapport sur la situation énergétique française: "Energy Policies of IEA Countries - France 2016 Review"

Ce rapport met en évidence que les perspectives pour la France du nucléaire dans ces 10 prochaines années seront décisives pour la capacité du pays à atteindre ses objectifs climatiques, et, en même temps maintenir sa sécurité d'approvisionnement
(The report outlines that the outlook for France’s nuclear sector in the next ten years will be decisive for the country’s capacity to meet its climate and energy goals, and – at the same time -- maintain electricity security.) 

Et si on écoutait la voie des spécialistes de la question et non des candidats en mal d'électeurs?


lundi 30 janvier 2017

La roulette russe

La roulette russe

 Jean Pierre Riou

La vague de froid s'éloigne sans que le système électrique français n'ait failli!

D'autres viendront, plus rigoureuses encore, auxquelles le pays devra impérativement faire face, tant les conséquences d'une rupture d'approvisionnement ne seraient pas acceptables.
Quelques chiffres sont nécessaires pour confronter la résistance des politiques énergétiques à cette récente épreuve des faits.

Rétrospective de l'efficacité de chaque filière

Le parc nucléaire français a donc été pointé du doigt pour avoir dû subir des contrôles en série concernant 12 réacteurs sur les 58.
Cinq réacteurs ont même dû être arrêtés au moment où on avait le plus besoin d'eux.

Cette vague de froid "Moscou Paris" s'est installé sur l'Europe le 12 janvier.
Alors que 7 réacteurs nucléaires étaient arrêtés pour maintenance ou contrôles. (Paluel 2, Fessenheim 2, Gravelines 5, Bugey 5, Civaux 2, Tricastin 4, et Bugey 4).

Le parc nucléaire fonctionnait pourtant ce même jour avec un taux de charge supérieur à 86% lors des 2 pointes de consommation du matin et du soir. Soit un taux d'efficacité proche de 100% des réacteurs disponibles.

Ce 12 janvier, l'éolien français était encore au beau fixe avec ponctuellement plus de 8000 MW de puissance, soit un taux de charge de plus de 66% lors de la pointe de consommation du soir, mais cependant moins de 2500 MW lors de la pointe du matin.

L'Allemagne en difficulté

Le froid anticyclonique n'étant pas encore installé sur le pays, la consommation de ce 12 janvier est restée inférieure à 80 000MW.
Ce qui a même permis à l'Allemagne d'être secourue par nos exportations.

Source https://transparency.entsoe.eu/

Les éoliennes allemandes à l'arrêt

Le froid anticyclonique s'était en effet déjà installé outre Rhin et avait pratiquement supprimé toute efficacité aux éoliennes allemandes, leur taux de charge étant tombé à 3%, avec 1,49 GW pour 49 GW installés.
Source https://www.energy-charts.de/power.htm

Ce qui l'a forcée, toute la journée, à dépendre des disponibilités de ses voisins pour en importer son alimentation.
(Alors que sa colossale puissance éolienne/photovoltaïque, bien supérieure à celle de notre parc nucléaire mais ne fournissant plus rien dès la tombée de la nuit, ne lui avait même pas permis, depuis 2002 de fermer le moindre MW de centrale pilotable.)


Cette situation menaçait la France, qui devait, quelques jours plus tard, connaître des pics de consommation supérieur à 90 000MW.

Report du contrôle la centrale de Civaux

C'est pourquoi l'autorité de sûreté nucléaire a notamment autorisé la prorogation des délais relatifs au contrôle du réacteur de la centrale de Civaux prévu en raison d'un taux de carbone jugé excessif dans les fonds de ses générateurs de vapeur, fournis par les aciéries japonaises (JCFC).

Cette décision responsable de l'ASN a aidé le réseau européen à terminer la 3ème semaine de janvier sans encombres, malgré un parc éolien français chutant à moins de 5% de sa puissance installée, avec 524 MW disponibles pour un parc de 12 000MW et, au même moment, un parc éolien allemand ne dépassant pas 1,5% de sa puissance installée, avec 0,77GW disponibles pour 49 GW installés. Fort heureusement, en fin de semaine, avec une demande de la consommation réduite.



Pendant toute cette période, le parc nucléaire n'est jamais tombé à un taux inférieur à 82% de sa puissance installée, malgré ses réacteurs arrêtés pour contrôle. 

L'hydraulique, énergie pilotable 

Le stock hydraulique du système électrique français, bien que considéré "renouvelable" ne l'est pas indéfiniment à l'échelle d'une saison et, avant de crier victoire contre cette vague de froid, un regard sur son état est nécessaire.
Source https://clients.rte-france.com/lang/fr/visiteurs/vie/prod/stock_hydraulique.jsp

Car même pour l'hydroélectricité, pourtant considérée "pilotable", les aléas météorologiques ne permettent pas la même production d'une année sur l'autre, et le passage de cette première vague semble en avoir creusé le déficit.

Et c'est bien de ce paramètre que risque de dépendre la sécurité de notre approvisionnement dans les semaines à venir si le froid devait revenir.

Car ce n'est pas sur nos voisins qu'il nous faudra compter, sachant que c'est la France, 1° exportateur mondial grâce à son parc nucléaire, qui régule d'ordinaire le réseau européen.
Et non l'inverse.

Pour assurer la nécessaire sécurité d'approvisionnement, même en cas de froid centennal, c'est bien d'une marge supplémentaire de nos moyens pilotables que nous avons besoin et non de moyens de secours de type "roulette russe", c'est à dire laissant au seul hasard le soin de cette sécurité.
Et dès lors que nous disposerons de ces moyens pilotables, quelle valeur ajoutée pouvons nous attendre d'intermittents de la profession, dont le principal effet est de ruiner la rentabilité de ceux dont nous ne pouvons nous passer?


Des analyses pour le moins contrastées

La filière industrielle en a tiré la conclusion que l'éolien est un remède énergique face aux froids anticycloniques.
Affirmation qui peut surprendre lorsqu'on sait que les situations de froid anticycloniques correspondent généralement à une période sans vent.
Et il serait tentant de répondre que c'est une affirmation qui n'engage qu'elle...si elle n'engageait pas en même temps notre sécurité d'approvisionnement.

Il a aussi été répété que l'éolien avait désormais fait la preuve de sa compétitivité.
Mais compare-t-on le prix d'un parachute qui s'ouvre lorsqu'on tire sur la poignée avec celui d'un parachute qui s'ouvre une fois sur 4?

Au prétexte que les kWh intermittents sont mélangés avec les kWh pilotables dans le même réseau électrique, est il raisonnable de comparer la valeur de ces 2 produits?

Les progrès technologiques sont exponentiels et surprennent chaque jour.
Le soutien financier des politiques publiques est susceptible d'en orienter l'évolution, comme dans la conquête spatiale, un temps délaissée et qui repart aujourd'hui de plus belle.

Le domaine de l'énergie ne fait pas exception. Et c'est la seule volonté politique qui a décidé d'interrompre le programme déjà opérationnel d'une énergie entièrement pilotable, sûre, propre et quasiment illimitée.
Cette technologie, condamnée politiquement en 1994 aux USA comme en France, vient déjà d'entrer en phase commerciale en Russie.
Sans que d'ailleurs cela semble intéresser quiconque dans l'Union européenne.

John Kerry, un des ses ardents détracteurs en 1994, vient de faire son mea culpa et considérer que le monde n'avait pas d'autre alternative.




Mais une doxa irrationnelle continue de promouvoir une technologie du 19ème siècle dont on ne parvient toujours pas à gérer l'injection toxique de l'intermittence dans un réseau dont l'équilibre est la condition première de notre sécurité.

Le péché d'efficacité nucléaire 

Car ce n'est pas la puissance de notre parc nucléaire qui semble heurter ces apôtres inavoués de la décroissance, puisqu'il représente déjà moins de la moitié de la puissance totale. (Avec 63,130 GW sur un ensemble de 129,310 GW dans le dernier bilan annuel de RTE.) 

Mais c'est bien son taux d'efficacité, chaque fois supérieur, en cas de besoin, à 85% qui semble poser problème.
Tandis qu'on prend pour modèle les énergies intermittentes allemandes qui viennent de faire entièrement défaut, avec 0,8% d'efficacité, au plus froid de l'hiver en faisant dépendre la sécurité de l'Allemagne de ses importations:


 malgré le doublon d'une puissance installée bien supérieure à celle de la totalité de notre parc nucléaire, et dont le graphique d'évolution, ci dessous, tiendra lieu de conclusion.

Source https://www.energy-charts.de/power_inst.htm

Article suivi d'un Épilogue
http://lemontchampot.blogspot.fr/2017/01/epilogue.html





Mea culpa

Mea culpa

Après un quart de siècle de leur développement, les énergies intermittentes telles que l'éolien et le photovoltaïque n'ont toujours pas permis de réductions significatives d'émissions de CO2 dans le domaine de la production d'électricité.


Pourtant, les réacteurs nucléaires de 4° génération promettaient à la fois d'éliminer le risque de réaction en chaine en cas d'incident majeur, et d'apporter une solution radicale au problème des déchets comme à celui de l'approvisionnement, puisqu'ils disposeraient de milliers d'années de combustible en utilisant les déchets des réacteurs actuels.

U.S.A.

La recherche dans cette voie a pourtant été tuée dans l’œuf aux États Unis par l'administration Clinton qui en a annulé le dernier programme en 1994, soit 2 ans avant que la France ne décide, pour raison électorale, de fermer Superphénix, après sa meilleure année de fonctionnement!
Cette technologie d'avenir a pourtant été reprise par le réacteur BN 800 russe qui vient d'obtenir le "Power Award 2016", récompensant la  meilleure centrale nucléaire au monde par la presse américaine.

L'erreur stratégique d'avoir abandonné ce pôle d'excellence vient d'être confessée par l'un de ses principaux détracteurs, en la personne de John Kerry qui rend public son mea culpa et reconnait qu'un bilan objectif de la situation de l'énergie dans le monde et de l'urgence qu'elle implique pour son impact sur le climat, ne laisse pas d'autre alternative crédible que celle de cette évolution du nucléaire, à laquelle il s'était d'abord opposé.
https://www.youtube.com/watch?v=f15rSTy7Spg&feature=youtu.be 

U.K.
 
Récemment, le leader indépendantiste britannique Nigel Farage a porté une violente charge envers l'imposture éolienne, responsable du "plus grand transfert de richesses des pauvres vers les riches de l'histoire moderne".
http://fr.friends-against-wind.org/realities/the-media-is-biased-for-the-wind-industry

Désormais affranchie de bon nombre de réglementations européennes, l'Angleterre se tourne résolument vers le nucléaire, dont le projet d'EDF à Hinkley Point n'est que l'arbre qui cache la forêt.
Et envisage de devenir le leader européen de cette technologie en couvrant son territoire de petits réacteurs modulables (SMRs)

En France demain

Lequel de nos candidats à la présidentielle osera sortir du politiquement correct européen et dénoncer la gabegie causée par l'injection croissante mais contre productive d' énergies intermittentes? Et le massacre délibéré du pôle d'excellence national qui permet encore de produire un des kWh les moins chers et les moins carbonés du marché grâce à son parc nucléaire que les gouvernements successifs se sont évertués à empêcher d'évoluer.

Avec, pour la plupart d'entre eux, l'avantage de pouvoir dénoncer un scandale, au lien du difficile mea culpa de John Kerry.

Les dizaines de milliards d'euros d'argent public ainsi préservés justifieraient pourtant facilement le financement d'autres priorités.

jeudi 26 janvier 2017

Quand les éoliennes augmentent le CO2

Quand les éoliennes augmentent les émissions de CO2 

 Jean Pierre Riou

Parmi les différents paramètres qui interdisent au développement éolien d’avoir le moindre aspect positif sur l’évolution du climat, il en est un qui ne fait pas l’objet de la moindre évaluation. Il s’agit de l’augmentation des facteurs de pollution des centrales thermiques chargée de prendre en charge les conséquences des caprices de la production.

Cette réalité est clairement énoncée dans le rapport de mars 2012 d’Enea Consulting, partenaire de l’Ademe : « le fonctionnement des turbines en régime partiel affecte leur rendement et accroît les facteurs d’émission de gaz à effet de serre; par ailleurs, des démarrages et arrêts trop fréquents impactent leur durée de vie. » (p 15)

 

vendredi 20 janvier 2017

Les éoliennes du Père Noël

Comment le vent fait rouler les trains:

Jean Pierre Riou

Depuis quelques temps, on prête aux éoliennes dont la production est par nature intermittente, le pouvoir d'assurer des services constants, alors qu'on ne sait toujours pas stocker leur production à grande échelle pour un coût acceptable par la collectivité. Conditions indispensables à leur conférer le moindre intérêt compétitif dans la production d'énergie auxquelles on ne parviendra d'ailleurs probablement jamais.
Le Figaro, notamment, annonçait récemment que les trains hollandais tournaient désormais grâce à leur seule production

Le stockage de l'énergie 
 
Les lecteurs les plus méfiants n'auront pas manqué de s'interroger sur ce grand prodige, se doutant bien qu'en l'absence de vent, les éoliennes hollandaises ne devaient pas se rendre beaucoup plus utiles que les éoliennes irlandaises le 20 octobre dernier qui ont réussi à consommer plus pour leurs extracteurs, pompes hydrauliques, ou autres freins de nacelle qu'elles ne produisaient, puisque leur production totale a fait une incursion dans les valeurs négatives à 17h15!


Le stockage du label vert
 
Pour prétendre être alimenté par l'énergie éolienne, il suffit, en fait, d'acheter à n'importe quel fournisseur d'électricité des "garanties d'origine" (G.O.), sorte de certificat vert que chaque MWh éolien produit confère le droit d'émettre. Ces G.O. sont alors commercialisables indépendamment de l'électricité physique qui lui correspond. Les directives européennes imposent d'ailleurs progressivement à chaque secteur l'obligation d'attester de leur soutien aux énergies renouvelables par l'utilisation d'une part de ces G.O. Certains, comme les trains hollandais, décident de verdir leur image par l'achat de la totalité des certificats correspondant à leur consommation, le surcoût, d'une manière ou d'une autre, retombant sur les usagers.

Et si l'électricité ne se stocke pas, les garanties d'origine, par contre se conservent parfaitement pendant un an, et confère l'appellation éolienne à n'importe quelle source de production.
Ce qui explique que les plus crédules continuent à croire au Père Noël.

 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000025178026&categorieLien=id

France Stratégie, organisme supposé guider l'action du gouvernement, vient de renouveler une vision critique du développement de l'intermittence malgré la si belle présentation qui nous en est faite des "territoires à énergie positive".

 www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/17-27-actions-critiques-energie-web-ok.pdf

Toute cette belle intermittence, en effet, n'a pas plus permis de fermer le moindre moyen pilotable en Allemagne ni en France, et les coûts de l'entretien de notre parc nucléaire resteront les mêmes qu'ils fonctionnent avec 75% de taux de charge, 50%, comme le prévoit la loi de transition énergétique, ou moins encore.
Mais pour fermer le moindre d'entre eux, il faudrait le remplacer par un autre moyen pilotable comme le gaz ou le charbon, ainsi que cela a déjà été montré dans un précédent article.
http://lemontchampot.blogspot.fr/2016/12/lechec-dune-politique-energetique.html 

Mais pour nos politiques, quoi de plus porteur que de laisser croire au Père Noël?

 

Norme de mesurage du bruit éolien NF 31 114




Communication au groupe de travail AFNOR 31 114 
bruit des éoliennes


Lettre ouverte


Bonjour à tous,

Retenu aujourd’hui en province, je suis désolé de ne pouvoir être présent pour exprimer mes observations que M. … a proposé de transmettre pour moi.
Président de l’association de protection de l’environnement « Le Mont Champot », je me suis efforcé de défendre la santé des riverains, au sein de notre groupe de travail.
En effet, l’incidence de l’exposition chronique au bruit environnemental sur celle-ci n’est plus à démontrer.
Les études s’accordent pour considérer que l’apparition d’un bruit, et particulièrement d’un bruit impulsionnel, est d’autant plus dérangeante que le bruit résiduel qui précède son apparition est faible. C’est pourquoi je suis resté attaché à la caractérisation temporelle de l’apparition du bruit particulier dans la norme de mesurage.
Le caractère aléatoire de l’apparition d’émergences excessives et la gène qu’elles entrainent ainsi pour le riverain m’ont attaché à la réelle prise compte de celles-ci, à l’exclusion de tout indicateur qui moyennerait cette gène, réduisant à un simple sommeil d’un peu moins bonne qualité ce qui correspond, en fait, à la multiplication de réveils intempestifs suivis de nuits blanches.

Et concrètement, je reste attaché à la possibilité de sanctionner une émergence excessive telle que définie dans la norme 31 010, notamment par une méthode de constat, quand bien même celle ci serait différente d’une méthode de prédiction, nécessaire à l’établissement des plans de bridage éventuels.

Il importe que ces deux méthodes parviennent au même résultat.
Cependant, dans la négative, comment comprendre qu’une prédiction puisse prendre le pas sur un constat ?

Je reste conscient de la nécessité de parvenir rapidement à une rédaction consensuelle au sein des différents intérêts représentés.
Celui de la protection sanitaire des riverains ne saurait, pour autant, être écarté.
C’est avec le plus grand regret que je déplore le fait que la rédaction de la norme 31 114, chargée de la préserver puisse être achevée à leur insu.

Jean Pierre Riou,
Membre du groupe de travail 31 114
Bruit des éoliennes

mercredi 18 janvier 2017

Le désastre à 300 milliards d'euros


Le désastre économique à 300 milliards d'euros

La face cachée des éoliennes
 
Jean Pierre Riou

Un rapport de Global Warming Policy Foundation (GWPF) vient de chiffrer à 319 milliards de livres (367 milliards d'euros), le coût de la politique climatique britannique*.

Et évalue à 10 800 livres le poids financier de cette politique sur chaque ménage, pour la période 2014/2030.

Le Mont Champot avait récemment attiré l'attention sur le prix de l'intermittence des productions d'électricité renouvelable.
Le rapport GWPF se penche sur le problème, p 14, et en chiffre plusieurs estimations, selon les groupes d'experts consultés.
Ces seuls surcoûts iraient de 700 millions de livres annuelles, si on ne compte pas les conséquences sur le réseau, à 5 milliards de livres par an, tout compris.

Et le rapport s'étonne qu'on puisse parler de compétitivité des énergies renouvelables au prétexte que leurs électrons se trouvent mélangés avec les autres sur le réseau électrique, alors que leur intermittence, responsable de ce désastre économique, dévalorise considérablement l'intérêt de leur production.
 
Le 30 novembre dernier, le leader indépendantiste Nigel Farage s'en est violemment pris à l'industrie éolienne, dénonçant les taxes, toujours plus élevées qu'elle faisait peser sur les ménages alors qu'elle ne produit même pas d'électricité au moment où on en aurait besoin.
Ne mâchant pas ses mots, il les accuse d'être
  
"le plus grand transfert de fonds des pauvres vers les riches de l'histoire contemporaine"  
https://www.youtube.com/watch?v=kAeaFgBAtgw&feature=youtu.be 

De même, le rapport GWPF s'interroge sur la pertinence d'une telle politique en regard des actions de première nécessité qu'auraient permis de telles sommes.

Des éoliennes, mais pour quoi faire au fait?
 
Personne ne semble pour autant s'étonner que le développement de l'éolien en France n'est même pas susceptible de diminuer les émissions de CO2, puisque notre parc électrique n'en émet déjà pas pour 94% de sa production, et que l'intermittence de l'éolien implique des moyens thermiques de back up.

Et on sait pertinemment que ce n'est pas une énergie intermittente qui peut être susceptible de permettre la fermeture du moindre réacteur nucléaire.
Réalise-t-on, cependant la débâcle industrielle que le développement de l'intermittence a provoqué sur notre parc de production d'électricité?

Messieurs les candidats, diversifier n'est pas un but en soi.
La pensée unique semble pourtant interdire aux candidats présidentiables de dénoncer le développement de l'intermittence dans le système électrique français.

Même ceux qui prônent le maintien et la sécurisation de notre parc nucléaire ne semblent pas avoir réalisé que le développement de l'intermittence est incompatible avec les raisons pour lesquelles ils prônent la diversification du mix énergétique.
A savoir : renforcer l'indépendance, sécuriser l'équilibre du réseau et maîtriser les coûts.

Lorsque c'est pour introduire plus d'incertitude et d'intermittence dans un réseau dont l'équilibre est précieux, il faut même s'en garder.

A l'heure des comptes, bien des mythes s'écrouleront!


* http://www.thegwpf.org/report-reveals-300-billion-cost-of-britains-climate-change-act/
 

mercredi 11 janvier 2017

La fin de l'Energiewende?



La fin de l’Energiewende ?

Jean Pierre Riou

La politique énergétique européenne imite le modèle allemand qui mise essentiellement sur le développement éolien et photovoltaïque pour remplacer les énergies fossiles et nucléaires.
Par comparaison, cette puissance est aujourd’hui de 89 GW et celle de notre parc nucléaire de 63 GW.
Cette puissance colossale ne produit, hélas, que de façon intermittente, l’intermittence des éoliennes étant, de surcroit, aléatoire.

Des surproductions problématiques

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est quand ces moyens produisent qu’ils posent le plus de problèmes à l’équilibre du réseau européen. Le Mont Champot en a évoqué le prix dans l’article « Le prix de l’intermittence ».

Des arrêts intempestifs

Mais quelle que soit la puissance installée, il ne semblait pas difficile de prévoir que dès la tombée de la nuit, le solaire ne produirait rien, ni qu’en cas de forte pression anticyclonique, les vents disparaitraient, impliquant que même aujourd’hui, avec des creux de moins d'1 GW (ci dessous 0,33 GW), cette formidable puissance intermittente installée ne peut garantir l’Allemagne de la moindre puissance effective.


Ce qui explique qu’en termes de puissance installée, l’Allemagne n’a toujours pas pu fermer le moindre MW de puissance pilotable, c'est-à-dire disponible quand on en a besoin, ainsi que le montre l’article « L’échec d’une politique énergétique », montrant qu'en fait, ce sont les + 8GW de gaz et + 7 GW de biomasse ont intégralement compensé les quelques 11 GW nucléaires en moins.
Laquelle biomasse n'ayant d'ailleurs rien à envier au charbon en termes d'impact néfaste sur l'environnement.

La mise en échec d’un modèle

Une puissance si considérable, à l’épreuve des grands froids anticycloniques de ce début d’année, semble avoir enfin mis en évidence l’incongruité de l’entêtement à développer des énergies intermittentes pour assurer le fragile équilibre du réseau européen. D’autant qu’on semble nous cacher soigneusement que c’est la France, 1° exportateur mondial d’électricité grâce à la puissance et la disponibilité de son parc nucléaire, qui régule ce réseau européen, y compris le réseau allemand vers lequel elle est également largement exportatrice. (Voir l’article « Nucléaire français, un enjeu européen »

La fin d’une fuite en avant

La mise en échec de cette politique vient d’être mise en évidence par l’important économiste allemand Heiner Flassbeck selon l’édifiant article « The End of the Energiewende? » qui décrit point par point l’impasse dans laquelle s’est engagée l’Allemagne et dont le froid anticyclonique actuel aura servi de révélateur.

Des coûts mal anticipés

La gratuité du vent et du soleil est à l’origine, voilà tout juste 10 ans, de promesses devant le Sénat de retours sur investissements et de véritable "rente" pour la collectivité dès 2015.


Alors que les surcoûts des énergies renouvelables ne cessent de croître, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) affiche une prévision 2017 de 5,7 milliards d’euros, dont 1,5 milliard d’euros pour nos seules éoliennes et que l’Allemagne a déjà dépassé les 25 milliards d’euros annuels.

Ces surcoûts, ainsi que la nécessité d'entretenir en parallèle et de façon non rentable, les centrales prêtes à démarrer quand le vent tombe, expliquent la stricte corrélation entre les prix de l’électricité en Europe et la puissance solaire/éolien installée par habitant.


Source http://euanmearns.com/green-mythology-and-the-high-price-of-european-electricity/

Une prise de conscience tardive

L’aspect le plus grave de cette politique erratique semblant le coup porté aux possibilités d'émergence de toute alternative pérenne.
En effet, l’injection d’électricité intermittente, prioritaire et subventionnée, dans le réseau européen a ruiné le marché du MWh en le faisant plonger jusqu’à des prix négatifs à chaque épisode de surproduction, comme ci-dessous où le lien entre la production éolienne allemande et le cours du MWh (intraday) en bleu semble évident. 


Ce qui ruine la rentabilité de toute production non subventionnée et enlève toute visibilité de retour sur investissement pour la recherche et l’innovation.

Un espoir venu d’ailleurs

Devant cet échec ruineux des politiques publiques, c’est l’investissement privé qui se pose désormais en alternative, notamment sous l’impulsion de Bill Gates, figure de proue d’un groupe d’investisseurs pesant 170 milliards de dollars, décidé à miser sur l’innovation, notamment avec sa société Terrapower, dédiée à l’avènement d’une énergie nucléaire économique, sûre, propre et durable.   

Face aux défis actuels, aussi bien climatiques que géostratégiques, avions-nous, en fait, réellement d’autres perspectives ?

mardi 10 janvier 2017

Eoliennes et infarctus du myocarde

Les éoliennes responsables de l'infarctus du myocarde ? 


L’intrusion d’éoliennes géantes dans des environnements calmes, est à l’origine de milliers de publications concernant les effets sanitaires néfastes de celles-ci sur les populations exposées de façon chronique à leurs bruits, infrasons, mouvements permanents et flashes lumineux.

La Royal Society of Medicine en a répertorié les symptômes. Parmi ceux-ci, ceux liés aux basses fréquences et infrasons semblent capables d’entrainer des effets à de très grandes distances, et provoquer des sensations d’angoisse, ainsi que les symptômes du mal des transports, liés à la similitude de leurs fréquences inférieures à 1 Hz, le « pic nauséogénique » se situant à 0,167Hz (Griffin 1990).

La maladie vibro acoustique

Parmi les symptômes éventuels, ceux regroupés sous le nom de maladie vibro acoustique, ou vibro acoustic disease (VAD), ont fait l’objet d’une étude systématique par une équipe portugaise depuis plus de 30 ans. Mariana Alves Pereira, qui coordonne ce travail, a publié sur le sujet 135 études dans différentes revues scientifiques.